29/02/2004

Oh... C'est... Oh...

Ether Diary

(mais si, mais si, je dors déjà...)

C'est r'parti les kikis !

  C’est pour demain. Fallait pas s’leurrer, la moitié du prévu n’a pas été fait. J’ai le genre de trac que seuls connaissent les gens médiocres dans leur art et conscients de la chose, quelques heures avant qu’on ne les jette bon gré mal gré sous les feux des spectateurs. Ça ira mieux demain, dans les rouages de l’impro.

   Essayer de dormir contre toute logique biorythmée. Se convaincre. (Or, vaincre le con en soi n’est pas donné à tout l’monde.) (… pfiouuu… désolée…) Selon la méthode bourrine : J’assure, j’assure, j’assure… J’assure un max. Oué. Ne penser qu’à la joie de revoir leur bouille. La bouille à Zavion… Scène de fin, prise dernière. Respirer. Surtout, bien respirer. Et plonger.

 

   Bienvenu à Xian et Discret !

28/02/2004

Au fait...

   Une heure et demi que madame Suchard m’a gardée dans son bureau. Rien qu’ça. Elle ne m’a pas serré la pince à l’entrée. Histoire de bien planter l’ambiance.

Madame Suchard : Je ne suis pas contente du tout. Mais alors pas du tout.

Moi : Oups. Je sais…

   Et plus tard, dans son fichier, je la vois taper « Lieu de naissance : Belgrade »...

Moi : Vous en savez des choses…

Madame Suchard : Vous n’imaginez pas la fréquence à laquelle on m’appelle de là haut pour votre dossier.

Moi (oups) : …

   Et plus tard, de défouler sa rage contre les profiteurs…

Madame Suchard : Vous avez du vous dire que je suis trop gentille, que vous pouvez toujours y aller, que j’vous ferai jamais de problèmes.

Moi (tentative de pommade) : Que vous êtes gentille, pour sûr, j’me l’dis, mais pour ce qui est des problèmes, j’me disais juste que quand ça tombera, ça tombera.

Madame Suchard : Très intelligent comme raisonnement. Advienne que pourra. Très intelligent.

Moi (peux pas m’empêcher, l’est si pédagogue avec moi, elle serait ma mère adoptive ça ne m’ferait pas un autre effet) : Rire.

Madame Suchard (sourit malgré elle) : …

Moi (le mal du profiteur dans le cœur) : …

Madame Suchard (sincérement embêtée) : N’empêche que là, si j’vous fais pas de problème c’est moi qui prendra. En plus on a des messieurs pas très gentils qui rôdent dans le coin en ce moment, c’est serré comme jeu.

Moi : Allez-y. Faite.

   Elle a longtemps, loooongtemps hésité en silence, les ciseaux à la main, et le regard perdu au loin. Et quand j’dis longtemps, pour une fois, j’n’exagère pas. Ca n’a pas marché. Elle a confisqué. Ca parait affreux hein ? Pas la peine que j’vous narre comme ça fait mal de voir les ciseaux passer sur la puce, hein ?

Moi (j’ose) : Quand est-ce que vous me la rendrez ?

Madame Suchard (la malice dans l’œil) : Oh, je ne sais pas. Bientôt. Ou peut être un peu plus tard. Il pourrait y avoir un oubli. Et puis je pars en vacances…

Moi (pas très rassurée quand même) : Rire.  

   Ben elle a quand même réussi à m’faire sortir de là joisse comme au premier jour. Dans une semaine ou deux, j’en ai fini avec toutes les galères de tune et pour un bout de temps. Magique ! Il était temps que j’me sorte de là, parce qu’on va me la muter, madame Suchard,  j’aurais pu être vraiment vraiment mal. J’ai un crédit sur le dos, mais au moins la banque ne me bouffera plus le salaire en me creusant la tombe. Salaire, qui, au passage, a pris du gallon depuis l’entrée à l’E.N. Y’a largement de quoi supporter le crédit.

   J’y retourne mercredi prochain pour régler les derniers détails de ma future vie de créditeur.

   Et juste après, je cours m’offrir un appareil numérique pour fêter ça ! Chut. Faut pas lui dire. ( Nts, nts nts… l’incurrable… )

27/02/2004

Au boulot cocotte y'a du pain sur la planche

   Bon. Voilà pourquoi je n'arrivai pas aux progressions par semaine. C'est trop. Bien trop. J'en suis qu'à la première. Vu comme c'est indigeste, je les ferai au fur et à mesure. Vous pouvez zapper, c'est pour ma mémoire. Et les z'avis z'et conseils des collègues courageux. Quoi... On peut rêver non?

 

SEMAINE DU 1er au 6 mars 2004

 

9H

Rituel

Collectif

 

 

Activité : Accueil, appels, calendrier

Objectif(s) : Se situer dans la semaine, le mois, l’année ; Dénombrer et trouver l’écriture correspondant au résultat (jusqu’à 31) ; Utiliser un tableau à double entrée ; Accepter d’attendre son tour ; Reconnaître son prénom et les prénoms de la classe en écriture cursive.

Déroulement : Avant de prendre place au coin regroupement, chaque enfant doit placer son prénom dans le porte-étiquettes des présents et s’inscrire à la cantine dans le tableau à double entrée. Ils doivent attendre leur tour et faire vite une fois leur tour arrivé. Deux enfants sont responsables du calendrier : ils doivent afficher la date correcte. Deux enfants sont responsables de l’appel : ils doivent compter les présents, afficher le nombre, afficher les absents et leur nombre.

Bilan :

 

 

 

9H, EN PARALLELE

Rituel

Collectif

 

 

Activité : Ecriture de la date ou d’un mot nouveau sur l’ardoise, dans le but de le faire le plus proprement possible sur les feuilles de travail.

Objectif(s) : S’entraîner à l’écriture cursive sans laisser de trace d’échec ; Possibilité d’entre aide spontanée ; (Pour les moyens, écriture bâton)

Déroulement : Dès que l’enfant s’est inscrit présent et à la cantine, il prend une ardoise, une craie, et commence à écrire. Consigne : tout le monde doit être en face du grand tableau. Chaque jour, nous garderons deux ardoises en modèle, une en cursive, l’autre en bâton. Lorsque l’enfant a terminé, il montre le résultat à l’enseignant qui, si c’est bon, lui demande de ranger l’ardoise et la craie, si non, lui demande de recommencer en lui indiquant l’erreur à corriger.

Bilan :

 

 

 

9H25/30

Collectif

 

 

Activité : Poésie

La pluie sur l'eau

A dos de mule,
A dos d'oiseau
A dos de libellule hulot,
A dos de rat mulot
A pas de campanule,
A bras de mélilot
S'en va la pluie à bulles,
S'en va la pluie sur l'eau
Une pluie fil à fil
Qu'habille l'horizon
Et de fil en aiguille,
Va jusqu'à la maison.

Objectif(s) : Entendre et situer les rimes. Mémoriser et dire un texte à rime.

Déroulement : Première lecture - L’enseignant lit la poésie en entier (avec le ton et tout l’tremblement), s’assure que le sens a été compris, désigne puis « attrape » les rimes avec les enfants (le geste d’attraper doit être fait au moment ou l’on entend la rime). Par la suite, les enfants pourront désigner la rime à « attraper » eux-mêmes. Par la suite – mémoriser le texte en le faisant répéter (avec le ton et tout l’tremblement).

Bilan : (s'ils les trouvent, les rimes, chapeau)

 

 

 

 

9H40

Ateliers

 

1. (Autonome)

 

Activité : Ecriture du prénom en cursive

Objectif(s) : Tenir correctement l’outil scripteur ; Former les lettres dans le sens adéquat.

Déroulement : Le modèle fléché est dans une pochette plastique sur laquelle l’enfant pourra écrire son prénom au gros feutre en « surimpression ». Lorsqu’il a bien mémorisé le sens et les lettres, il peut s’essayer à le faire en regardant le modèle ou sans modèle. Ceux qui savent écrire leur prénom en cursive vérifieront s’ils l’écrivent correctement. Des modèles de nombres jusqu’à 31, de jours de la semaine et de mois sont aussi à leur disposition. A la fin de chaque semaine, quelques mots nouveaux seront rangés dans le classeur des mots.

Bilan :

 

 

2. (Dirigé)

 

Activité : Le son [y]. Travail sur fiche, d’après la chanson « Lulu la Tortue »

Objectif(s) : Reconnaître le son [y] ; Faire le lien entre le son et le signe écrit

Déroulement : En deux partie. Au coin regroupement - Les enfants connaissent la chanson. Ils la chantent et essayent de deviner le son qu’ils entendent le plus souvent. Puis, ils observent la maison du son [y] de façon à faire le lien entre une image et un mot. Travail sur table – Reproduction de la maison du son |y] dans un ordre différant.

Bilan :

 

 

3. (Autonome)

 

Activité : Graphisme. Boucles. Cahier d’écriture.

Objectif(s) : Lier des boucles haut et bas. Se tenir droit face au cahier. Utiliser une gomme.

Déroulement : Reproduire le modèle dans le cahier.

Bilan :

 

 

4. (Autonome)

 

Activité : Colorier, dénombrer des éléments suivant la consigne « moins que »

Objectif(s) : Utiliser la notion « moins que » ; Suivre une consigne.

Déroulement : Consigne orale - Colorie tous les parapluies. Il doit y avoir moins de parapluies verts que de parapluies oranges.

Bilan :

 

 

 

11H

Ateliers

 

 

Activité : Formes géométriques

Objectif(s) : Reconnaître les formes géométriques simples ; Reproduire des figures simples composées de ces figures (en vue du projet tangram) ; Respecter un codage ; Découper soigneusement.

Déroulement : L’enfant a le choix entre plusieurs fiches du même travail avec différentes figures composées. Il doit les colorier selon un code couleur, les découper soigneusement, puis composer la figure choisie.

Bilan :

 

 

 

13H30

Collectif

 

 

Activité : Histoire

Objectif(s) : Moment de calme ; Ecoute ; Choisir un livre dans une bibliothèque dont on connaît l’organisation.

Déroulement : Un enfant choisi une histoire à son goût. A la fin, le même enfant le remet à sa place.  

Bilan :

 

 

 

14H

Ateliers

 

 

1. (Dirigé)

Activité : Découverte du coin sciences      

Objectif(s) : S’approprier le coin, et son fonctionnement ; Eveiller l’envie d’expérience.

Déroulement : Bien noter qu’il faudra s’inscrire sur l’affiche pour utiliser le coin. Trois enfants maximum à la fois. Noter aussi qu’il faudra choisir l’expérience que l’on veut faire la veille, afin de la préparer. Regarder les livres mis à disposition.

Bilan :

 

 

2. (Autonome)

Activité : Construction de formes géométriques en trois dimensions selon modèle

Objectif(s) : Discrimination visuelle, prendre connaissance du matériel à disposition. Appréhender la méthode du patron.

Déroulement : Fichier « Machin » pour le jeu « Machin. L’enfant doit d’abord isoler les pièces dont il aura besoin, puis les assembler à plat et ensuite seulement former le cube.

Bilan : (en autonomie, je sais déjà que ça va pas l’faire, alors pourquoi j’le fais ?!)

 

 

3. (Dirigé, ATSEM lundi et mardi, aide-éducatrice jeudi et vendredi)

Activité : Imaginer les formes dont on aura besoin pour mettre en ombre « Le jour des arcs-en-ciel ».

Objectif(s) : Observer l’effet de l’ombre sur les objets ; Savoir dessiner un contour ; Anticiper le spectacle, imaginer ce que l’on veut montrer ; Chercher des solutions au problème des ombres non-identifiables.

Déroulement : Nuage. Oiseau. Autocar. L’ATSEM emmène les enfants dans le couloir où la lumière est moindre. Elle accroche un drap blanc aux murs, branche la lampe derrière. Un des enfants se place derrière le drap. Ils observent l’effet sur l’ombre si l’on bouge la lumière ou l’enfant. Lorsqu’ils obtiennent une image nette dont la taille leur convient, l’ATSEM fait deux marques au sol. Deux enfants, chacun leur tour, sont le modèle pendant que les autres esquisseront la forme de l’ombre. En déduire la forme que doit avoir la représentation d’un autocar, d’un oiseau et d’un nuage. En faire l’esquisse dans la classe. Découper selon le contour. Vérifier. Si besoin est, bouger la lumière et l’objet. Faire d’autres marques au sol.

Bilan ; (je sais déjà que les ATSEM vont adorer les marques au sol, alors pourquoi j’le fais, pourquoi ?!)

 

 

4. (Autonome)

Activité : Jeux de société

Objectif(s) : Selon les jeux : Dénombrer ; Exercer la mémoire visuelle ; Accepter et suivre les règle du jeu ; S’entre aider ; Entrer en situation de concurrence.

Déroulement : Les enfants ont le (maigre) choix entre Uno, Le petits chevaux et Memory.

Bilan : (je sais déjà que je vais les saouler qu’il me faut d’autres jeux, alors pourquoi je le fais ?!)

 

 

 

14H45

Motricité

Collectif

 

 

1. Lundi

Activité : Lutte, séance 1 : Ballon lutteur par équipe

Objectif(s) : Découvrir l’existence des règles pour pouvoir jouer : Respecter ces règles.

Déroulement : Situation n°1

Bilan : (ça c’est du bon boulot… madre de dios j’y arriverai jamais…)

 

 

2. Mardi

Activité : Parcours

Objectif(s) : Prise de risque ; Entre aide ; Equillibre ; Déplacements variés.

Déroulement : Le cerceau vert indique les points de départ. Le cerceau rouge indique les points d’arrivée. Entre les deux, il ne peut y avoir grand-chose compte tenu du matériel à disposition.

Bilan : (Madame Intégration et sa formation de psycho-motricienne vont me manquer, ça de sûr…)

 

3. Jeudi

Activité : Expression corporelle : théâtre « Le jour des flocons » ou danse macédonienne

Objectif(s) : Pfiouuu… Y arriver ?

Déroulement : J’en sais fichtrement rien. Je sèche complet.

Bilan : (la cata s’annonce alors pourquoi je le fais, pourquoi ?!)

 

4. Vendredi

Activité : Lutte, séance 2 : La queue du diable

Objectif(s) : Être capable d’apprécier la distance adversaire/partenaire.

Déroulement : Situation n°2 (attention les yeux !)

Bilan : (‘naise ce que c’est bien fait… j’y arriverai jamais…)

25/02/2004

La lecture à haute voix

   Quand j'étais petite, Moune ma mère avait consenti quelques rares fois à (heu... consentir à? consentir de?) nous lire les Astérix en français. Avec les voix et tout. Qu'est-ce qu'on rigolait... Oh le grand Panard... Comme j'ai aimé ça... Manque de bol, Moune ma mère n'aimait pas des masses. Non qu'elle ne rigolait pas avec nous. Elle trouvait qu'elle lisait mal, qu'elle gâchait l'histoire, et avait consenti (à.) pour la seule raison que nous ne savions pas encore lire en français. Dès que nous avons appris (trop vite), s'en était fini des rigolades. Moune ma mère pense que, lorsqu'on ne sait pas lire à haute voix, il faut écouter la voix dans sa tête, qui elle, trouve toujours le ton juste et ne butte jamais sur un mot. C'est vrai, mais... Vous avez déjà vu la tête des gens si jamais vous vous risquez à rigoler avec votre voix dans votre tête? Combien osent rire fort quand personne d'autre ne sait de quoi ils rient? Combien ont réussi l'exploit d'un fou rire solitaire? Des caractères forts, pour sûr. Moi, à tous les coups, je me sens timbrée jusqu'à Ouagadougou. D'accord, on me l'a assez répété pour que je le comprenne, ce que pensent les autres, on s'en moque. On peut. Moquons nous en. D'accord. Je lisais "Wilt 1" de Tom Sharp une fois, dans un bus. Ce qui connaissent, se rappelleront les rires irrésistibles que ce bouquin provoque tous les quarts de page. Voilà je me moque, me suis je dite. Voilà j'oublie que le bus est bondé de silencieux. Voilà. Et j'ai rigolé. De bon coeur, vraiment. Il y avait largement là de quoi s'offrir un fou rire de 500 pages. Mais non. Impossible. Il me manquait un regard. Il me manquait un rire qui me ferait face. Des bras crispés sur des abdos douloureux. Une bouche grande ouverte tentant tant bien que mal d'attraper un peu d'air. Des larmes aux yeux. Le "Pfiouuu" de soulagement lors de l'accalmie. Et le regard vitreux de ce moment, qu'il ne faut surtout pas croiser avant d'avoir repris le minimum d'air vital. On peut mourir de rire. Mais pas seul. Ça d'sûr. Riez, faite pas la guerre. Le résultat sera le même, la méthode plus Humaine. C'est vrai quoi. On ne dit jamais "Le meurtre est le propre de l'Homme". Et on ne meure pas de la parole.  Si ce n'est de la parole d'un général... Bon. Voilà ce qu'on apprend en France : on peut se faire n'importe quelle réflexion lumineuse, en être vachement content et tout, ébé on peut être sur que juste derrière, viendra celle qui l'éteindra aussi sec qu'une bougie dans le vent. C'est ronflant, franchement. On peut même pas se faire intello tranquille et y croire. (Mais heu... Comment se fait-ce alors qu'il y ait tant d'intellos qui se revendiquent tels en France justement? Mmm?) J'arrête donc là ma tirade et passe au fait.
   Parmi d'autres bons moments de mes courtes vacances, où j'ai, entre autres choses appris que je pouvais supporter une présence humaine à mes côtés cinq jours durant sans jamais m'ennuyer, il y a eu la lecture à haute voix. Mmm... miam! Encore!
   Nous avons commencé par les petits livres, du Pennac principalement. Mais aussi Saint Exupéry, Bénacquista, Queuneau et Roald Dahl. Ça allait bien trop vite. A chaque fin, il nous fallait un début. Une nuit entière on y a donné. Dès le lendemain, nous nous sommes attaqués à plus gros. "La suite, bordel! La suite!" Et peu importe si au bout de vingt pages on bute sur les mots, peu importe si on arrive pas à sortir la voix de notre tête, tant qu'on ne sort pas de l'histoire, le grand Panard est là.
   C'est pas pour dire, mais Pennac, ça fait bien dix fois que je le lis, jamais je n'ai autant ri. Jamais je n'ai été émue si fort. Jamais, qu'à ce moment, où j'ai partagé mes émotions. Sympa comme truc l'émotion d'un livre. Plus on la partage, plus elle se décuple. Si la tune était une émotion, on n'en serait pas là, j'vous dis qu'ça.
   Depuis vendredi soir, je pense à ce post. Encore une tricherie, il est écrit pour une personne bien particulière. J'espère avoir réussi à lui transmettre le plaisir que j'ai eu à l'accueillir. Et vous, gens de partout, lisez! Lisez haut! Et même fort, lésinez pas! Partagez vos lectures! "L'autre monde" rejoint ce monde-ci en ces moments-là, et ça... ça... ça vaut la vie, et ça vaut l'Homme!

24/02/2004

Le passé au galop, sur son cheval mort...

   Ce post est une tricherie. Je sais déjà que je vais envoyer le lien à trois personnes, auxquelles j'ai envie de dire des choses sans y avoir droit. Combien de temps faut-il au passé pour accepter son sort, rester à sa place, loin derrière, et ne plus bouger?
   Depuis le lundi 26 janvier, jour de la grande tirade, peu de choses ont changé. Je suis toujours aussi émue par la haine qu'ils s'échangent. Tout aussi chamvirée et tourneboulée. La trace qu'il a laissée me brûle encore. Un peu. Juste, j'ai compris. Il n'y a rien à faire, qu'à assumer ma bêtise et ma faiblesse. Un peu comme on se doit d'accepter la Scoumoune une fois vautrée là, et faire tout ce qu'il y a à faire pour l'en déloger jusqu'à la prochaine saison, que peut être, on aura appris à anticiper. Peut être. Alors je n'ai plus besoin de son approbation pour savoir ce que je vaux. Plus besoin de revanche, de pied de nez, tout ça. Plus besoin non plus de trouver des arguments de défense contre le mal qu'il inspire.
   (Glissement subreptif d'un message personnel : Oui. Tu es la source. Que ce soit volontaire ou pas n'est pas l'essentiel. L'essentiel est que tu es le seul capable de mettre fin à ces histoires bizarres, et que donc, tu en es seul responsable. Oui. Toi. Tu es un éveilleur de passions. Tu l'es. Tu as le pouvoir de faire vivre d'un bonheur intense, qui enfante le tout, ou de faire mourir d'un malheur affamé, qui dévore le tout. Tu l'as. Dans les choses virtuelles de la vie, pour quelqu'un d'un peu intelligent, et pour le peu qu'il y prenne goût, c'est un pouvoir facile à prendre. Tu l'as pris. Sisi. J'te promets. Des années que tu mènes ta Grande Guerre de mots. Peu importe les ennemis, peu importe les alliés, les uns peuvent devenir les autres, et vice et versa. Ils peuvent même déserter en route, peu importe, il y en a, de la chair à mots, prise dans la toile. Peu importe... pourvue que l'on palpite de la Grande Émotion... tout autour de toi... Ah, la Grande Émotion... Elle prend toute la place disponible... Et une fois plantée là, tout ce qui compte, c'est la nourrir, qu'elle n'aille pas se semer ailleurs, surtout pas ailleurs, qu'elle pousse et prospère là où elle est...  Elle prend les commandes du moteur... Elle éradique tout autre essentiel... Elle dirige les perceptions... Elle est meilleure que n'importe quel rail de coke haut de gamme (ça, c'est une image, une supposition, quelqu'un peu confirmer?)... La Grande Émotion... Seule à savoir nous donner la réponse à la Grande Question... "Pourquoi que je vie? Pourquoi que je vie? Parce que c'est joli." Pardi... Et toi... Toi... Tu sais te faire père de la Grande Émotion. Lorsque j'ai cessé de nourrir celle que tu m'as insufflée, le vide a été si vaste, que j'ai bien cru qu'en s'effaçant, elle m'effacerait, moi aussi, toute entière, que je resterai à jamais l'écorce vide d'une immense et invisible plante morte. C'est le pouvoir que tu as, que les faibles t'accordent. C'est une lourde responsabilité. Tu peux t'en défaire d'un geste las, de quelques mots bien sentis, mais elle restera tienne.)
   Du mal qu'il inspire... A ceux qui veulent bien se laisser muse-ler. Si j'ai besoin d'écrire ces mots, c'est pour le mail que j'ai reçu, encore un du passé, encore une personne qui a mal, pour du non-sens, pour des bêtises hors de tout bon sens. Encore un mail auquel je dois l'indifférence, et auquel pourtant, je donne ma peine. Nonon. Pas de lui. D'une amie, que, pour garder mon sentiment d'amitié, j'ai laissée tomber. A cause de lui. A cause d'eux. Je ne devrais pas m'en mêler. Mais j'y crois, à la fatidique phrase qui veut que si l'on aime une fois, c'est pour toujours. La seule échappatoire possible serait de faire virer l'amour en haine. C'est ce qu'ils font. C'est ce dont je ne suis pas capable. C'est ce que je ne comprends pas.
   Oh non, ben non, je n'ai pas la prétention de changer leur histoire d'un coup de baguette virtuelle. Et puis je me suis effacée, je n'ai aucun droit de tenter l'immersion. Tout de même, j'espère qu'ils liront ces mots. Et même, j'espère que ces mots-là peuvent se faire géniteurs d'une petite voix intérieure, qui viendrait les titiller à chaque fois qu'ils écrivent un mot méchant, à chaque fois qu'une envie mesquine se pointe en eux, une petite voix qui leur chuchoterait "Non, pour sûr, c'est pas comme ça que je rêvais la vie, c'est pas comme ça que j'imaginais les liens avec les autres. Nonon. Ça, c'est certain. C'est pas comme ça que je veux mon bien être. Et ce n'est pas comme ça que je l'aurais. Alors pourquoi? A quoi bon? Franchement. A quoi bon?"
   Non parce que ça commence à bien faire. Leur Grande Guerre devient un événement sur AOL. Le grand feuilleton que tout le monde suit. Inévitable, comme les infos du 20h. Tout un exercice, que de tenter de ne rien en savoir. C'est lassant à la fin. Stop! Stop! Stop! La paix!

23/02/2004

L'horoscoop du jour

 Ho ho ho. Trop pas de chance. C'est sur vous que ça tombe...
"Des soucis ? Du stress ? Inutile de vous apitoyer sur votre sort et de prendre cet air renfrogné ! Si vous n'avouez pas votre malaise, vous allez finir par en vouloir à la terre entière ! Hors de question de passer la journée à vous morfondre ! Vous avez envie de parler et de vous faire chouchouter ? Vos proches ne sont pas télépathes ! Rendez une petite visite à votre meilleure copine et videz votre sac ! Cela vous soulagera et vous évitera bien des déconvenues." Qu'il dit. L'horoscoop. Le mien. Mon à moi. Le traître... C'est donc la faute aux planètes... Saletés...
   Puisque donc je n'ai pas sous la main de meilleure copine aux oreilles larges et pivotantes telles des antennes satellites à l'écoute de l'univers qui trame mes galères, préparez vous à me chouchouter, dorloter, choyer z'et bichonner. Je suis prête à vider mon sac de tout malaise ambiant. Notez bien que ça comptera pour votre B.A. de l'année, vous sauverez au bas mot la terre entière. Ben quoi. J'ai le courroux dévastateur, faut pas croire. Il pourrait, j'sais pas moi... dévier le cours d'un fleuve... le plus long, tant qu'à faire... faire pousser des volcans... et leur faire dégobiller tout leur saoul, tant qu'à faire... souffler des tornades où on s'y attend le moins... des tornades torrentielles, un truc jamais vu... tant qu'à faire, bien faire. Non je rectifie le tir : ça comptera pour votre B.A. du siècle. Ça remplira votre quota d'un seul bloc. Et l'univers trameur vous décernera la médaille du Bruce Superwillis. Ça vaut l'coup non?
   Alors je me lance. J'ouvre le sac.
   Les galères de tune jaillissent toujours en premier, dans le plus pur style fou-monté-sur-ressort. A la longue ça fait sourire, c'est tout ce que ça fait. Je suis convoquée chez madame Suchard demain 11h prout. (... désolée...) Peu m'importe, ainsi soit, j'ai de quoi lui transformer ses envies de confiscation immédiate en envies de confiscation imminente. C'est bien mieux. Ça fait trois ans qu'elles imminent, ses envies de confiscation. Il n'empêche que j'ai aussi de quoi lui donner des envies de meurtre... Ma note d'EDF. Et oui. J'ai décidé que je ne caillerai pas cet hiver, et advienne que pourra. Et que pourra est advenu. Madame Suchard n'arrivera pas à m'inculquer l'économie. Qu'est-ce que j'y peux moi si ma vie est plus chère que ce que je la gagne? J'admire les gens cap' d'économiser l'eau des patates pour le bain du soir, mais je sais, et madame Suchard commence à le comprendre, je n'arriverai jamais à un tel niveau de dévouement. Comme qui dirait, "je ne veux pas gagner ma vie, je l'ai déjà", et tant que ma CB marche, je marche sans trop compter. Qui plus est, ce que je dépense, je ne le dépense pas, à mon goût, en choses inutiles. Bouffe et clopes. Rien de bien méchant. J'me suis tout d'même offerte des groles et un pantalon ce mois-ci, les autres étaient en lambeaux. Nonon. J'suis pas Miss Shopping. J'suis Miss Agios. Voilà où ça va. Madame Suchard n'a qu'à s'en prendre à son système. C'est lui qui profite de ce que je gagne ma vie. Lui, mon proprio et EDF. Voilà. J'y suis pour rien. (Non, j'ai trouvé mieux pour lui retirer ses envies de confiscation, vous bilez pas. Limite, madame Suchard, elle, ça lui suffirait comme excuse, mais c'est qu'elle a des requins au-dessus d'la tête qui ne comprennent que les suites de chiffres flanquées d'un € au derrière. Alors ben j'ai trouvé un € à flanquer au derrière de mes justifications. Et toc.)
  Non, ça, ça va encore. C'est pas le genre de truc qui pourrait réveiller mon courroux. C'est ce qu'il y a juste en dessous du fou jaillissant : la Scoumoune.
   Oui. La Scoumoune. En particulier avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à une machine. En l'occurrence, mon ordi. Voilà comment ça c'est passé :
   Mon veinard d'ordi a failli gagner en puissance. Nouvelle carte mère, bonus de RAM, tout ce qu'il faut pour que j'puisse enfin profiter de l'ADSL que je raque pour rien depuis des mois. Mais non, il n'aime pas ça la veine, mon ordi. Il a trouvé le moyen de se griller l'alim au dernier moment. Tout avait l'air en pleine forme, on a changé l'alim mais quand même, plus rien ne marchait. Quatre jours d'intense recherche de démystification. Résultat des recherches : tout n'avait que l'air en pleine forme. La carte vidéo en a pris pour son grade, la carte mère toute neuve et balaise ne servira plus à personne, et la RAM est inutile sur la carte mère d'origine.
   Jusque là, j'aurais supporté stoïquement. Mais hier, il s'est avéré que mes Dédés sont bons a mettre sous terre aussi. MES DÉDÉS! MORTS! MPF!
Moi : Ah... Alors faut que j'emploie mon énergie à rester zen histoire de ne pas me péter quelques dizaines de milliers de synapses en prime, c'est ça?
Frérot : Voilà. T'as tout compris. J'vais demander à un collègue s'il serait pas cap' d'un miracle ou deux, mais en gros c'est ça. Reste zen.
Moi : D'accord.
   Et je suis restée zen. Et j'ai fait des trucs pour ne pas y penser. J'ai même dormi peinarde. Et c'est là que ma zénitude a du flancher, parce que je me suis réveillée de mauvais poil, avec le mal et la liste de tout ce qui est perdu au crâne. Mes chansons. Que j'ai même pas les partoches et les textes en tête. Mes histoires. Mon bord d'aile intime (vraiment intime, pas celui-ci). Mes milliers de MP3. Mes milliers d'archives. Et... Oh 'naise... MES TROIS MOIS DE BOULOT!
   Comment je fais maintenant? Je me le demande en n'en glandant pas une. Va falloir trouver d'autres progressions en exemple, récolter d'autres fichiers d'activités, recharger tous les programmes nécessaires, rien que ça, ça va m'prendre la semaine. Et rien que d'y penser, m'faut bien la semaine de repos.
   Bref, si je stresse, c'est que j'ai le trac. Dans une semaine, il faudra entrer en scène non sans connaître le texte, mais sans même avoir eu le texte sous les yeux. Horration et Damneur!
   Le pire, je vais vous l'avouer, c'est que c'est la troisième prise de la même scène, c'est comme ça que je n'ai pas soutenue ma maîtrise, c'est que j'avais un graveur depuis Noël, et que la vie ne m'apprend rien. Voilà, le pire.

   Sinon, c'est pas un mal c't'affaire. J'ai gagné un portable. C'est archismooth les touches et la souris d'un portable. En plus, ça s'emporte même à l'horizontale. Un portable.

22/02/2004

Ah yo gens!

   Hey hey hey! Contente je suis de vous retrouver là!
   Même si je n'ai rien à vous raconter. Comme promis, j'en ai pas ramé une.  Rhaaa... Ce que c'est bon! Fraîche et dispo, j'ai l'impression qu'une éternité me sépare de ma tristesse d'antan. Si ça s'trouve, le repos de l'âme aide à accepter les impuissances.
   Oui, bon, d'accord. Tout revient, petit à petit. En préparant leur fiches d'écriture prénom en cursive, en relisant les derniers posts et vos commentaires, en cherchant des progressions, je m'y replonge doucement, très doucement. Comme dans un bain un rien trop chaud. N'empêche, quelque chose est parti, a fait place nette, telle que vous me voyez pas là, je suis prête à encaisser tout ce qui peut bien encore me tomber sur le crâne. J'sais pas trop ce que c'est. Le découragement, probablement.
   Et puis c'est tout. Tout doucement, que j'ai dit :o)

   Bienvenu Pasfolle Laguêpe! Et Coconut (qui, si je ne me trompe pas de personne, et en ce cas mille scuses de m'faire si familière, n'avait qu'à pas s'mettre à la bourre) aussi!
   Et heu... Je capte tout juste. Laurent Denis c'est le Collègue! L'a eu droit à un double accueil le tricheur malgré lui... Nts nts nts :o)

14/02/2004

La nuit, je rêve, sûrement des balivernes, le plus souvent, j'm'en souviens pas

   Qui est avec moi? J'sais pas. Une voix de fille cause :
- T'as vu ces lueurs? On dirait des crocodiles...
- Merde! C'EST des crocodiles!
   Plus de voix de fille. Plus personne. Juste un crocodile qui vient vers moi. J'opte pour faire le mort. La tête du croco reniflant mon visage, mon cou, se posant sur ma poitrine. Pas respirer. Pas bouger. Ça s'éternise. J'ai plus de souffle. J'respire par filets d'air ultrafins. Le monstre a l'air de s'y plaire. Pas un signe comme quoi il aurait envie de décamper. Bon. Ben qu'il y reste. Même pas peur. Comme si j'avais un robinet en moi, j'fais couler un flot de sérénité dans mes veines. Je m'endors presque.
   N'empêche que c'est lourd une tête de croco sur la poitrine. A l'aise ou pas, va falloir que tu décampes de là, Croque Odile.
   Je le pousse, je me lève, je cours dans la clairière. Bizarre. Il ne me suit pas.
   Deux pans scouattent la clairière. Ils s'approchent, un peu trop, étrangement, je tente le câlin de la plume, rien à faire, ils ont décidé de me mordre. Je m'en débarrasse en douceur.
   Et puis il y a eu Zozio, Tête De Mule et Madame Tout Le Monde M'Aime, je crois. Les protéger des pans. Comme je peux. Toujours en douceur. Mais j'me souviens plus de rien.

   Il paraît qu'on se souvient des rêves importants. Et qu'on rêve toujours sa journée.
   Zavion a pété son câble à la récrée. D'ordinaire, même quand il frappe, c'est pas pour faire mal. Cette fois, il a cogné fort, il a visé les tibias et les seins, et quand il tirait les cheveux, c'était pour les arracher. Mes seins m'ont faite souffrir jusqu'au soir. Et en dessous, c'était pire.
   On ne sait pas trop ce qui se passe à la maison. On ne le saura jamais. Toujours est-il que le père a ramené Zavion et un relent d'alcool décelable à des kilomètres. Que Zavion dit que papa frappe maman. Et que, vu ses principes de mimétisme, il n'a sûrement pas trouvé tout seul que les seins et les tibias sont des points faibles.
   Belle Gracieuse, Fricain Le Beau, Madame Tout Le Monde M'Aime, Zozio et Tête De Mule n'avaient pas envie de sortir en récrée. Ils voulaient rester en classe. J'en ai profité pour les faire bosser à radiner les 27 tapis de la classe au préau. Nous étions dans le couloir, à pousser le chariot. Des tapis ont glissé. Je me suis baissée pour les remonter, deux secondes peut-être, je me suis retournée et Zavion était là, il avait fait voler Tête De Mule à terre avec une violence inédite. Où était Madame Intégration?! Elle en avait marre. Elle ramassait ce qu'il avait fait valdinguer en classe. Tant pis. J'ai tenté de gérer. Il nous a aidé deux minutes. Et puis il a senti la panique de Zozio. Il s'est attaqué à lui. Et Zozio de chialer tout son saoul. J'ai mal au coeur. Je retiens Zavion, pieds et bras liés. Le temps qu'ils remettent le reste des tapis à leur place, et qu'ils aillent mettre leurs manteaux. Sont sortis. Madame Intégration a refait surface. A repris le bébé. Moi, mon manteau, direction la cour à la recherche de Tête De Mule et Zozio.
Moi : Tu as mal où?
Zozio : Partout sur le visage.
Moi : Tu as eu très mal ou très peur?
Zozio : J'ai eu très mal et j'ai eu très peur.
Tête De Mule : Moi j'ai pas eu mal et j'ai eu juste un peu peur.
Moi : Pourtant t'as bien valdingué. Tu es courageux.
(Madame Tout Le Monde M'Aime passe par là et s'arrête devant nous.)
Moi : Et toi? Tu n'as jamais peur de Zavion toi?
Madame Tout Le Monde M'Aime : Non, je n'ai pas peur.
Moi : Et, à ton avis Zozio, pourquoi Madame Tout Le Monde M'Aime n'a pas peur et toi si?
Zozio : Parce que elle, elle est grande.
Moi (les mesurant à l'oeil) : Tu es aussi grand qu'elle.
Zozio : Non, à l'intérieur, elle est plus grande que moi.
Moi : Oui, c'est ça. A l'intérieur, Madame Tout Le Monde M'Aime voit Zavion comme un petit bébé, et s'en occupe comme de son petit frère (blush sur les joues de Madame Tout Le Monde M'Aime et sourire fière.)
Zozio : Oui mais pour moi, Zavion est un grand à l'intérieur.
Moi : C'est là que Madame Tout Le Monde M'Aime a raison. A l'intérieur, Zavion est vraiment un petit garçon. Alors pourquoi tu le vois comme un grand toi?
Zozio : Parce qu'il fait la bagarre et moi, j'aime pas ça la bagarre.
Moi : Oui. C'est bien ça d'ailleurs. Moi non plus j'aime pas la bagarre. Mais Zozio... Il faut te sentir grand à l'intérieur. Parce que tu l'es. Tu es même très grand.
Zozio : Si des fois je fais la bagarre avec Tête De Mule, mais c'est parce qu'il m'embête, et je me défends.
Moi : Tu vois, tu peux le faire.
Zozio : Tu sais, Tête De Mule, il m'embête un peu moins, alors maintenant, je suis un peu son copain.
Moi : C'est bien. Profitez en. Allez jouer tous les deux.
   Madame Tout Le Monde M'Aime s'est accrochée à moi tout le long de la traversée de la cour. Toujours le blush aux joues. C'est une première. Elle a eu droit à son câlin, elle aussi.

   J'vous ai balancé l'issue de la CCPE comme ça, sans sommation, hier. Je n'avais et je n'aurais pas bien le courage de la transcrire en détail. Mais ça a été vraiment duraille. Même Madame Intégration a craqué en sortant. Je m'étais faite à l'idée que l'année prochaine, il serait déscolarisé. Mais pas là, tout de suite. J'ai rien compris. J'ai pensé aux mômes de la classe, comment ils se sont tous jetés sur leurs dessins avec la plus pure gentillesse, tout ça, comment je les ai poussé à faire des efforts de tolérance, d'aide, au prix de sacrées couleuvres à ravaler, le tout pour qu'au bout, ils ne puissent même pas offrir à Zavion leur travail bienveillant? Non. Je les ai speedé ce matin pour faire la cassette. Ils étaient contents. Et là-dessus, à midi, Madame Intégration m'fait "Non, on va attendre qu'il soit parti." Je ne savais plus quoi inventer là, pour leur expliquer que finalement, non, ça ne servira pas à ce que ça devait servir et on lui donnera pas le tout avant les vacances.
   Tout est mal fichu, et je suis paumée complet. Tout ça parce que personne n'avait le droit de me dire qu'il n'y avait aucun espoir de réussite avec Zavion. Qu'il va trop mal, et qu'avec nous, à l'école, il ne souffre que davantage. Psy Blue le savait, pourtant, elle m'a laissé entraîner les mômes dans cette histoire de dessins et de cassette. J'comprends pas.
   Je me doute bien de tout ce qu'on peut m'dire. J'prends ça trop à coeur. J'suis pas Super Sauveur De L'Humanité. Tout ça.  
Je sais bien. Même si j'serais pas contre. Avoir quelques pouvoirs, par-ci par-là... Ce serait pas de refus. Mais je sais bien.
   Il n'empêche que ça fait mal au coeur. Parce que je ne suis pas seule dans mon investissement émotionnel. J'ai entraîné la classe avec moi. Et je n'ai pas du tout l'impression d'avoir fait du bon boulot du mieux que je peux.
   Je crois qu'à mon retour de la CCPE, les mômes ont senti que j'avais mal, pour moi, s'entend, mais pour eux aussi. Y'a eu une recrudescence très nette de "Maman? Heu... Maîtresse?"
   Oui, y'a des jours où je suis Marina, d'autres où je suis maîtresse, et d'autres où j'suis aussi maman. Et alors? J'peux aussi bien m'faire Popette :o) Et même, parfois, Perle :op

   Au fait... Bienvenu à Baboon, En passant et Laurent Denis!
   Et... Vivent les vacances! A la semaine prochaine tous!

12/02/2004

Au revoir Zavion, puisse la paix se poser en toi, là bas...

... maîtresse douleur...
... ou alors...? juste un doux leurre...?
... non... maîtresse pleure...

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